Le chevauchement chez le chien

Le chevauchement chez le chien, ce qu’il nous dit?

 

Par Roselyne Baptiste – Naturellement Chien Educ – 03/02/18

 

Quand on vous dit chevauchement, vous pensez reproduction, n’est ce pas? Ou encore dominance? Et bien sachez qu’ il n’en est rien, je dirais même que rien n’est plus éloigné de la vérité. Présent chez le mâle comme chez la femelle, stérilisé ou non, à l’intention de congénères, humains (jambe), autres espèce (chat par exemple) ou objets (oreillers, peluches…) du quotidien, le chevauchement ou l’intention de chevauchement, font partie intégrante de la communication de nos chères canidés. Toutefois, ils sont porteurs de messages diverses et variés bien plus complexes que le simple instinct de reproduction ou encore l’affirmation d’un statut.

 

Ci-dessous, une liste non exhaustive des diverses significations au sein des échanges sociaux inter-espèce (entre espèces différentes) et  intra-espèce (au sein d’une même espèce) :

.le chevauchement de contrôle ; souvent entre mâles entiers au niveau de la nuque (discutable, plus que pour affirmer un statut ou compétition pour la reproduction,  réponse à un comportement d’insécurité, instinct de survie), mais aussi pour maîtriser un chien excité, ou encore en réponse à un chien chevaucheur.

.réponse à une intention de chevauchement ; tout simplement

.décharge émotionnelle / excitation – frustration ;   un chien très excité décharge ce trop plein d’énergie et chevauche congénères, humains ou objets du quotidien au même titre que certains aboient ou d’autres se lancent dans une course d’aller et retour effrénée (après une séance de jeu trop intense par exemple), également lors de difficultés de gestion de la frustration

.chien craintif ; il arrive que les chiens timides se voient être chevauchés dans une intention de mise en confiance, généralement chevauchement doux et de courte durée

.situation stressante ; besoin de se rassurer auprès d’un congénère, d’un humain, ou demande de cessation du stimuli anxiogène – ou simplement un comportement de substitution (stéréotypie) en réponse à un grand mal être.

.demande de cessation ; pour maîtriser un chien excité, chevaucheur, stopper l’attitude d’un humain (arrêter de courir, de contact tactile, de sauter…) 

.incompréhension entre l’humain et le chien ; une demande de l’humain incomprise, incohérente…

.manque d’assurance ; un chien qui ne sait comment en aborder un autre, difficulté à vocaliser et s’affirmer (grogner, aboyer…), pour se donner de la constance, peut répondre par un acte de chevauchement,

.marque affective ; chevauchement bref

 

Les causes sont donc diverses et multiples. Le chevauchement doit être analysé dans son contexte, prise en compte de l’environnement et de chaque individu.

A noter que le chevauchement se manifeste à intensité et rythmes différents selon le message émis, chevauchement de longue ou courte durée, mouvements de bassins plus ou moins rapides…

Le chevauchement n’est pas toujours simulé dans son intégralité, et se limite parfois à une intention plus ou moins marquée, parfois infime. Et s’il est difficile à déceler pour un oeil humain inexpérimenté, nos chiens eux, ne s’y trompent pas! Une patte semi-levée, une patte sur l’épaule, dos ou autre, chien qui se gonfle, orientation de la gueule sur la nuque, base du dos, placement à l’arrière, couinement d’excitation…

Enfin, cette expression comportementale, doit être contrôlée. Elle ne doit s’inscrire dans le temps et devenir systématique. S’il arrive que 2 chiens consentants se chevauchent l’un l’autre (reproduction, excitation du jeu…), il est souvent mal perçu par l’autre chien, le chevauchement est potentiellement déclencheur d’altercations entre congénères, bagarres… Veillez à ne pas mettre un chien dans la difficulté, je pense notamment aux chiens sensibles, introvertis, et au tempérament peu affirmé, qui ne sauraient s’en extraire et subiraient donc l’échange. Attention également  à l’effet de groupe, lorsque plusieurs chiens  partagent une balade et sont amenés à rencontrer des chiens extérieurs, qui seul se voient parfois mis dans la difficulté, encadrés et sous pression. Il arrive que 2 chiens créent un lien d’amitié et de coopération, de fonctionnement en équipe,  la Diade lors des rencontres avec d’autres congénères. Par ailleurs, au sein de groupes constitués, certains chiens s’attribuent des rôles, aiment contrôler, protéger le groupe de tout éléments extérieurs, et utilisent le chevauchement pour arriver à leurs fins. Pour conclure, certains mâles entiers, forts en hormones sont parfois particulièrement harcelant, avec la gente féminine canine, mais aussi avec l’humain. A la limite de l’obsession, dans ces cas là, la castration est à envisager sérieusement, pour des relations sociales congénères apaisés et un psychisme du chien concerné, soulagé.

 

Roselyne – Naturellement Educ